Prod2-Grenoble: une histoire de cartons

Avant ce choc entre Grenoble et Perpignan qui visent clairement la montée, les petites phrases assassines ou petites invectives relevées par la presse, histoire de faire monter la pression dans les deux camps, avaient donné la tonalité du match. Rencontrer l’Usap, c’est toujours rencontrer une équipe qui part à la guerre, c’est toujours rencontrer une équipe qui aime la provocation, qui cherche par tous les moyens à s’imposer. De plus leur public en ajoute toujours encore plus. Ce sont toujours des matchs sulfureux, des matchs à forte teneur de testostérone sur le terrain. Stephane Glas, quelque peu insatisfait du jeu produit par ses joueurs lors du troisième bloc, les avait prévenus avant la rencontre : « Perpignan, ils feront leur match, ils seront chez eux. Ils ne vont pas passer à côté d’un match comme celui-ci, on sait à quel niveau sera Perpignan et avec notre niveau d’aujourd’hui, cela ne suffira pas, je sais aussi à quel niveau peuvent jouer les garçons, donc voilà, à nous d’être à notre meilleur niveau. »

Il y a deux ans, à 10 jours près et pour le compte de la même douzième journée, le contexte était quasiment le même. Grenoble, leader et tout surpris de l’être en début de saison, allait défier Perpignan à Aimé Giral qui était cinquième, bien loin de son ambition. Les Catalans étaient à la recherche d’une victoire impérative à domicile, eux qui avaient été humiliés à domicile par les Montois, quinze jours auparavant, après une cinglante défaite de plus de 40 points. À cette époque, Grenoble voulait savoir si son équipe faite d’une grande partie de sa jeunesse dorée issue du centre était en mesure de rivaliser face à une équipe prête pour la remontée. Dominé devant comme jamais, pris de vitesse et sur l’intensité, Grenoble n’avait pas existé, seulement 25 minutes en première mi-temps avant de sombrer au retour des vestiaires, encaissant coup sur coup deux essais en moins de cinq minutes alors qu’ils jouaient en infériorité numérique. Défait alors 42 à 23, Grenoble était rentré dans le rang et avait compris que leur niveau était loin des Catalans. Dans la presse du midol, on pouvait lire dans le compte rendu qui titrait « Zéro pointé, première » : « Face à des Sang et Or révoltés, requinqués et désireux de montrer un tout autre visage à leur public, les joueurs de Stéphane Glas ont un temps résisté avant de se faire emporter par la furia catalane. « On était venu ici pour faire un gros match, on repart avec beaucoup de travail » avait dit Dewald Senekal.

Deux ans après, les Grenoblois ont encore perdu, certes, mais seulement 20 à 13 et remportant la deuxième mi-temps 13 à 7. Cette deuxième période avait été perdue 24 à 10 en novembre 2017. Dans cette rivalité pour la suprématie du Pro D2, Grenoble a seulement perdu une bataille mais pas la « guerre » ou, plutôt pas celle de la suprématie. Si le Grenoble de novembre 2017 n’avait pas été en mesure de rivaliser, notamment devant et physiquement, celui de novembre 2019 a montré un tout autre visage et a tenu tête à des Catalans incapables de franchir la ligne, même en supériorité numérique. Il aura fallu une grosse erreur stratégique en mêlée de la part de Grenoble en fin de première mi-temps pour se faire prendre à défaut. En effet, à 7 contre 8 en mêlée à 5 mètres de la ligne, l’arbitre a sanctionné les Isérois d’un essai de pénalité pour une nouvelle faute en mêlée. Et pourtant, à huit contre huit, Grenoble a toujours tenu bon. Et que dire de la défense iséroise, qui, acculée, durant plus de 25 minutes à 5 mètres de la ligne dans le premier acte a réussi à repousser les Perpignanais incapables de passer, aussi bien sur pénaltouche que sur attaque grand champ. Bravo à cette défense dauphinoise qui a montré du caractère. Ce rideau de fer grenoblois a montré une résistance sans faille sauf de se faire pénaliser, ce qui a coûté deux cartons et, finalement l’essai de pénalité au bout de la quarantième minute de jeu. La première période se termine sur le score de 13 à 0 et trois cartons jaunes à 1. C’était beaucoup trop pour Grenoble face à une équipe qui était beaucoup plus en confiance, dominatrice sur le terrain (possession et occupation) bien aidée par le vent et soutenue par son public. Les Catalans ont eu plus d’occasions dont deux essais fort justement refusés. Grenoble a bien eu deux ou trois bons ballons à jouer mais a commis trop d’en-avant. À ce niveau, tout se joue sur du détail et pour gagner à l’extérieur, il faut faire un sans faute sur la moindre occasion. De plus, pourquoi avoir choisi la tentative de pénalité en coin et face au vent sur le renvoi à la 36ième minute alors qu’une pénaltouche à 5 m aurait peut-être été plus judicieuse ?

En deuxième mi-temps avec l’appui du vent, Grenoble montre un tout autre visage dominant cette fois, les Catalans, bien en peine à se dégager de leur camp. La défense grenobloise tenait encore bon avec un Déon Fourie et un Fabien Alexandre ralentissant les sorties de ballons au contest. La rentrée d’Enzo Selponi a changé la donne en attaque. Sur une bonne mêlée à 5 m, Enzo se joue parfaitement de la défense catalane et vient planter le ballon au milieu des perches. La partie est totalement relancée. Les Catalans sont plus pénalisés, notamment en conquête sur une mêlée. Mais derrière la bonne pénaltouche, Grenoble perd le ballon sur le lancer. Le capitaine de touche a cruellement fait défaut ou l’alignement n’a pas su s’adapter en son absence. Là, encore, tout se joue sur du détail. Pour preuve, ce mauvais plaquage à deux sur Taumoepeau, qui arrive à passer les bras et le ballon à son deuxième ligne dans l’intervalle qui file direct au milieu des perches. De nouveau 13 points d’avance pour l’Usap et tout est à refaire pour Grenoble ! C’est clairement le tournant du match alors que les Dauphinois étaient encore à 14. Quatrième carton jaune contre Leva Fifita, qui commet une grossière erreur sous les yeux de l’arbitre et qui, part ailleurs a fait un très gros match. Dans le dernier quart d’heure, le FCG revient bien mais c’est trop tard, l’écart était trop conséquent. L’équipe loupe le bonus défensif d’un rien. Le trop plein de cartons c’est à dire l’indiscipline aura coûté le match, mais une chose est sûre, ce Grenoble de novembre 2019 qui a perdu à Perpignan n’a rien à voir avec celui de novembre 2017. Ce qui est rassurant pour la suite.

Au classement un trio de tête (Oyonnax, Grenoble, Perpignan) se dégage suivi de près par un autre trio Colomiers, Biarritz et Carcassonne.

Protin Frédéric

One thought on “Prod2-Grenoble: une histoire de cartons

  1. désolé mais sur ce match le fcg n a pas existé seul ses fautes à répétition et l essai tout fait mal négocié par farnoux ont évité un score bien plus lourd…

Réagissez à l'article ! Qu'en pensez vous??

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Next Post

Pro D2 - Prolongation de contrat pour Géli (Perpignan)

En marge de la rencontre entre Perpignan et Grenoble (victoire de l’USAP, 20-13), Charles Géli a officialisé sa prolongation de contrat avec le club. Selon rugbyrama, le talonneur va poursuivre l’aventure avec la formation catalane jusqu’en 2021. Arrivé cet été en tant que joker médical, il a fait plus que […]