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Fédérale1. Requiem pour les vieux clubs.

Qu’il est étrange de se réveiller avec l’amertume qui s’accroche à votre bouche. Même après des litres d’expressos, ce goût persiste, insidieux. Ma naïveté légendaire balaiera de mon cerveau une quelconque théorie du complot attisée par des « on nous en veut, on dérange ». Un minimum d’objectivité démontrera qu’un homme au maillot vert a raté son match un vendredi soir en Normandie. Cela arrive, la nature humaine a ses failles. Ou bien est-ce une trop grande accoutumance aux écrans qui empêche un homme de prendre ses responsabilités ? Naïf vous dis-je… Une chose est sûre, ses confrères fédéraux qu’on envoie se salir les crampons dans les bourbiers dominicaux de l’hiver et qu’on prie, le printemps venu, de rester-chez soi sous prétexte que devant télévision il faut des pointures de leur corporation, pourront se dire qu’ils ont largement le niveau pour officier deux étages au-dessus. De là à voir de l’entre-soi et de la consanguinité dans leur caste, vous allez me mettre le doute.

Mais revenons à un fait plus symptomatique du rugby français. Nous y sommes: A bas le rugby des sous-préfectures et vive le rugby des villes. Ne me faites pas être l’apôtre du régionalisme ovale quand je vois d’un très bon œil les réussites Rochelaises, Lyonnaises ou plus récemment Vannetaises. Le rugby a besoin s’ouvrir à toutes les régions de France mais pas à n’importe quel prix.

Dans leur volonté expansionniste, les dirigeants du rugby français sont comme des lapins de garenne pris dans les lumières des phares des grosses berlines de patrons français en quête de notoriété. Ces derniers, lassés de ne voir leur photo que dans le mensuel de l’échafaudage ou le trimestriel de la palette en bois, trouvent dans le rugby un moyen peu onéreux de s’acheter de la notoriété. Sous prétexte de vendre un projet de « rugby de territoire » ils ont uniquement envie de s’installer à la table du concours de celui qui a la plus grosse quéquette. Les plus riches s’invitent directement dans le carré VIP du Top14, les autres passent par le bar-tabac fédéral. Ils doivent bien se marrer en se racontant comment ils ont entourloupé ces vieux messieurs en pardessus de la ligue et de la fédération à coup de bouteilles de mauvais vin.

Car ces derniers oublient vite d’où ils viennent. De ces fameux clubs historiques, bastions de ce sport qui reste encore très régionaliste et dont l’intérêt national n’a d’égal que celui pour les élections européennes ! C’est pour vous dire.

A l’heure où le rugby français est en train de se vider de ses forces vives à cause de sa vitrine en piteux état, il serait peut-être judicieux de ne pas laisser tomber ses vieux clubs pour éviter l’hémorragie de ses licenciés. Les nouvelles générations ont mille fois plus de sollicitations qu’à notre époque. Le temps du rugby pour les garçons et du basket pour les filles est révolu. Aujourd’hui on peut faire du water-polo ou du billard artistique même au fin fond d’un obscur département d’Occitanie. Et pour un licencié gagné dans ses « terras incognitas » de la balle ovale ce sont dix qui fuient les bastions historiques faute de têtes de gondoles locales.

Alors que faire? Certainement pas laisser le format du championnat en l’état. La tentative de la poule élite, même si elle fut un échec, mériterait sans doute d’être retravaillée. Cela ne risque pas d’être demain la veille tant la capacité de remise en cause des dirigeants fédéraux est proche du zéro absolu. Il suffit d’écouter les discours d’auto satisfaction de leurs sergents chefs qui se frottent le ventre goinfrés de certitudes pour s’en convaincre. Le troisième niveau de ce sport à 48 clubs a de beaux jours devant lui. Et pourquoi pas 96 ou 144, une grosse comme on disait à la foire ! Ils ont oublié l’adage disant que pour qu’un arbre fasse de nouvelles branches, il faut entretenir ses racines. Dans ce contexte il sera difficile pour les clubs traditionnels d’espérer durer en cas de montée sauf à rêver de l’arrivée d’un hypothétique mécène en priant qu’il ne soit pas foudroyé par une andropause précoce.

Vendredi soir les tarbais, dacquois, narbonnais bressans et consorts ont dû trembler en se disant qu’à la place des tarnais ils auraient subi le même sort. Quant aux columérins, carcassonnais, aurilacois, montalbanais et autres, ils doivent se dire qu’il ne fait surtout pas mettre un pied dans la fange fédérale, même le gauche. Désormais ça porte malheur.

RS.

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